AccueilRessources › 📘 Registre de sécurité 2026
📘 Registre de sécurité

Registre de sécurité 2026 : ce qui change avec le décret n°2025-1100

✍️ Par L'équipe monHSE.com · 🕐 9 min de lecture · 📅 Publié juillet 2026

En résumé : le registre de sécurité trace les contrôles techniques, vérifications, exercices d'évacuation, formations et travaux d'un établissement. Ce n'est pas une formalité administrative : c'est la preuve, opposable, que vos obligations réglementaires ont été respectées. Le décret n°2025-1100 du 19 novembre 2025, dont plusieurs dispositions sont entrées en vigueur le 1er juillet 2026, en renforce le contenu. Voici ce qu'il faut savoir, obligation par obligation.

Comprendre le registre de sécurité

Le registre de sécurité est un document unique, papier ou numérique, qui rassemble de façon chronologique et organisée l'ensemble des éléments prouvant qu'un établissement respecte ses obligations de sécurité : dates et résultats des vérifications techniques, comptes rendus des commissions de sécurité, dates des exercices d'évacuation, formations dispensées, travaux réalisés. Il remplit une triple fonction : mémoire de l'établissement, outil de pilotage pour l'exploitant, et preuve en cas de contrôle ou de sinistre.

À ne pas confondre avec d'autres registres

Le registre de sécurité (article R143-44 du Code de la construction et de l'habitation) est souvent confondu avec d'autres documents obligatoires, qui répondent à des logiques différentes :

DocumentBase légaleObjet
Registre de sécuritéArt. R143-44 CCHContrôles, vérifications et exercices d'un ERP
DUERPArt. R4121-1 Code du travailÉvaluation des risques professionnels
Registre unique du personnelArt. R1221-26 Code du travailSuivi des salariés de l'entreprise
Registre d'accessibilitéArt. L165-1 CCHMise en accessibilité de l'établissement

Un même établissement peut être soumis à plusieurs de ces registres en parallèle : le registre de sécurité ne dispense d'aucune autre obligation documentaire.

Qui est concerné ?

Le régime ERP (établissement recevant du public) s'applique à tous les exploitants d'ERP, quelle que soit leur catégorie : commerces, restaurants, hôtels, salles de spectacle, établissements d'enseignement, structures de soin, équipements sportifs, lieux de culte, etc. En parallèle, tout employeur relevant du Code du travail est concerné par des obligations de registres et de vérifications périodiques dès le premier salarié.


Le cadre juridique en 2026

Le régime ERP

L'article R143-44 du Code de la construction et de l'habitation (qui a remplacé l'ancien article R123-51) impose que le registre contienne : l'état du personnel du service incendie, les consignes en cas d'incendie, les dates des contrôles et vérifications avec les observations formulées, et les dates des travaux d'aménagement. Point d'attention : dans les ERP de 1re à 4e catégorie, le registre est examiné à chaque visite de la commission de sécurité. S'il est absent, illisible ou non tenu à jour, cela est noté au procès-verbal et peut influencer l'avis rendu, favorable ou défavorable.

Les obligations issues du Code du travail

Le DUERP (document unique d'évaluation des risques professionnels, art. R4121-1) est obligatoire dès le premier salarié et doit être mis à jour au moins une fois par an pour les entreprises de 11 salariés et plus, ainsi qu'à chaque changement important. Son absence est une contravention de 5e classe, jusqu'à 1 500 € pour une personne physique et 7 500 € pour une personne morale, doublée en cas de récidive. S'y ajoutent le registre unique de sécurité et les vérifications périodiques des installations électriques, du désenfumage, des moyens de secours, des appareils de levage et des portes automatiques, dont les rapports doivent rester disponibles pour l'inspection du travail. Les exercices d'évacuation doivent avoir lieu au moins une fois par semestre au titre du Code du travail (art. R4227-39) et au moins une fois par an dans les ERP (règlement de sécurité incendie, art. MS 51), avec des périodicités renforcées pour les types U et J (locaux à sommeil).

Ce qui change avec le décret n°2025-1100

Le décret n°2025-1100 du 19 novembre 2025 réorganise le cadre de la sécurité incendie et encadre les « solutions d'effet équivalent », avec plusieurs dispositions de son article 1er entrées en vigueur le 1er juillet 2026. Deux conséquences concrètes pour votre registre :

À faire dès maintenant : mettez à jour vos modèles de registre pour y intégrer une section « exercices de sécurité incendie » et une section « solutions d'effet équivalent », si votre établissement est concerné.

Que doit contenir le registre ?

Au-delà du strict minimum réglementaire, un registre complet rassemble : l'identification de l'établissement, l'état du personnel du service de sécurité (qualifications SSIAP le cas échéant), les consignes de sécurité et d'incendie à jour, les dates et résultats des vérifications techniques périodiques (installations électriques, éclairage de sécurité, SSI, désenfumage, moyens d'extinction, ascenseurs, gaz et chauffage, portes automatiques), les rapports des organismes agréés et les observations des commissions de sécurité avec leurs suites, les dates des exercices de sécurité incendie, les formations dispensées au personnel, les travaux d'aménagement réalisés et, depuis 2026, les solutions d'effet équivalent.

Un registre complet mais figé dans le temps perd sa valeur probatoire : c'est un document vivant, qui doit être mis à jour en continu, daté et signé à chaque inscription, avec un échéancier des prochains contrôles et une accessibilité immédiate en cas de visite.


Les vérifications et contrôles à consigner

Les périodicités indicatives des principales vérifications à faire figurer dans le registre :

Installation / équipementPériodicité indicativeIntervenant
ExtincteursAnnuelleTechnicien qualifié
Système de sécurité incendie (SSI)Selon catégorie, souvent annuelleOrganisme agréé / installateur
Alarme incendieAnnuelle + essais réguliersTechnicien qualifié
DésenfumageAnnuelleOrganisme agréé
Installations électriquesAnnuelleOrganisme agréé
Éclairage de sécuritéAnnuelle + essais périodiquesTechnicien qualifié
AscenseursSemestrielle/annuelle selon réglementationOrganisme agréé
Installations gaz / chauffageAnnuelle (règles renforcées 2026)Organisme agréé
Exercices d'évacuation1×/an (ERP) ou 1×/semestre (Code du travail)Exploitant / service de sécurité

Ces périodicités restent indicatives : elles doivent être vérifiées au cas par cas selon le type et la catégorie d'établissement, et les prescriptions spécifiques de la commission de sécurité.


La dématérialisation du registre

Un registre numérique a la même valeur légale qu'un registre papier, à condition de respecter quatre exigences : l'intégrité des données (aucune modification ou suppression sans trace, via versionnage et journalisation), la traçabilité et l'horodatage de chaque inscription, l'accessibilité et la lisibilité immédiates (le registre doit rester consultable et imprimable à tout moment, y compris lors d'une visite de commission de sécurité), et la conservation dans la durée avec une gestion adaptée de la confidentialité. Il n'existe pas de durée légale de conservation unique : la pratique recommande de conserver les rapports de vérification au moins 5 ans, et le registre lui-même pendant toute la durée de vie de l'établissement.

Les avantages d'un registre numérique — centralisation, alertes automatiques sur les échéances, accès multi-sites, historique complet et traçable — s'accompagnent de points de vigilance : choisir une solution garantissant l'intégrité et l'horodatage, prévoir la consultation et l'impression immédiates sur site, gérer les droits d'accès, assurer la sauvegarde et la réversibilité des données, et vérifier la conformité RGPD de la solution retenue.


Envie du guide complet en PDF ?

Toute cette réglementation, la checklist de conformité 2026 et l'annexe des textes de référence, réunis dans un livre blanc de 15 pages.

Télécharger le livre blanc gratuitement →

Responsabilités, contrôles et sanctions

La responsabilité de la tenue du registre incombe à l'exploitant de l'ERP ou à l'employeur : ils peuvent en déléguer la tenue matérielle, mais la responsabilité juridique demeure la leur. Le registre peut être contrôlé par la commission de sécurité lors de visites périodiques ou inopinées, par l'inspection du travail, ou par les services d'incendie et de secours ; en cas de sinistre, il devient une pièce centrale de l'enquête.

Les sanctions possibles vont de la mise en demeure et de l'avis défavorable à la fermeture administrative, en passant par des sanctions financières spécifiques (1 500 à 7 500 € pour l'absence de DUERP, 750 € par salarié pour l'absence de registre unique du personnel), sans compter l'engagement de la responsabilité civile ou pénale de l'exploitant en cas d'accident.


Checklist de conformité 2026

Douze points à vérifier pour s'assurer que votre registre est à jour :


Conclusion

Un registre complet, à jour et accessible n'est pas seulement une obligation réglementaire : c'est la meilleure preuve de la sécurité réelle d'un établissement, et la protection la plus efficace de celui qui l'exploite. Les évolutions de 2026 poussent vers une traçabilité renforcée et une reconnaissance pleine et entière du numérique — une bonne occasion, pour les organisations qui anticipent, de transformer cette obligation en avantage opérationnel.

Sources : article R143-44 du Code de la construction et de l'habitation, décret n°2025-1100 du 19 novembre 2025, article R4121-1 du Code du travail, article R1221-26 du Code du travail, décret n°2019-1118 du 31 octobre 2019.

Recevez le guide complet en PDF

15 pages, les 5 messages clés, la checklist et le détail du décret n°2025-1100 — gratuit.

Télécharger le livre blanc →

Questions fréquentes

Le registre de sécurité est-il obligatoire pour tous les établissements ?
Il est obligatoire pour tous les établissements recevant du public (ERP), quelle que soit leur catégorie, en application de l'article R143-44 du Code de la construction et de l'habitation. Les employeurs relevant du Code du travail ont, de leur côté, des obligations de registres et de vérifications périodiques distinctes, dès le premier salarié.
Quelle est la différence entre le registre de sécurité et le DUERP ?
Le registre de sécurité trace les contrôles techniques, vérifications et exercices d'un ERP. Le DUERP évalue les risques professionnels auxquels sont exposés les salariés. Les deux peuvent être obligatoires en parallèle dans un même établissement.
Un registre de sécurité numérique a-t-il la même valeur qu'un registre papier ?
Oui, à condition que l'intégrité des données soit garantie, que le registre reste consultable et imprimable immédiatement, y compris lors d'une visite de commission de sécurité, et que sa conservation soit assurée dans la durée.
Qu'est-ce qui change concrètement avec le décret n°2025-1100 ?
Depuis le 1er juillet 2026, le registre doit inclure les dates des exercices de sécurité incendie ainsi que, le cas échéant, l'état nominatif et hiérarchique du service de sécurité. Les études et justificatifs des solutions d'effet équivalent doivent également y être annexés.
Que risque un exploitant si son registre est absent ou incomplet ?
Un registre absent, illisible ou non tenu à jour peut être noté au procès-verbal de la commission de sécurité et influencer son avis, entraîner une mise en demeure voire une fermeture administrative, et engager la responsabilité civile ou pénale de l'exploitant en cas de sinistre.

D'autres guides pour votre conformité HSE

Sur le même thème

Découvrez le registre de sécurité dématérialisé et le logiciel registre de sécurité pour ERP et entreprises multi-sites.