En résumé : Toute entreprise doit pouvoir porter les premiers secours à un salarié blessé, sans attendre les pompiers. Cela repose sur trois piliers simples : des salariés formés (les SST), du matériel accessible (la trousse de secours) et un protocole écrit. Aucune de ces obligations ne demande d'être expert — juste de savoir quoi mettre en place, pour qui, et de le tracer. Ce guide vous donne la méthode complète pour une TPE/PME.
Le secourisme au travail désigne l'organisation que vous mettez en place pour porter les premiers secours à un salarié victime d'un accident ou d'un malaise, en attendant les secours extérieurs. Ce n'est pas une option réservée aux grandes usines : c'est une obligation qui pèse sur toutes les entreprises, quelle que soit leur taille.
L'article R.4224-16 du Code du travail est clair : en l'absence d'infirmier, l'employeur prend, après avis du médecin du travail, les mesures nécessaires pour assurer les premiers secours aux accidentés et aux malades. Ces mesures doivent être adaptées à la nature des risques et coordonnées avec les secours extérieurs (SAMU, pompiers).
Concrètement, être en règle repose sur trois piliers :
Bon à savoir : aucune entreprise n'est trop petite pour être concernée. Même une équipe de trois personnes doit pouvoir réagir face à une coupure profonde ou un malaise. L'obligation existe dès le premier salarié.
Le sauveteur secouriste du travail (SST) est un salarié formé pour intervenir en cas d'accident : sécuriser la zone, alerter les secours et pratiquer les premiers gestes. C'est la pierre angulaire du dispositif.
Le Code du travail impose la présence d'au moins un salarié formé au secourisme dans deux situations précises (article R.4224-15) :
En dehors de ces cas, la loi n'impose pas de nombre précis. Mais l'obligation d'assurer les premiers secours (R.4224-16) reste une obligation de résultat : votre dispositif doit être réellement efficace. En pratique, la recommandation largement admise est de former au moins un SST pour dix à quinze salariés, en tenant compte des absences, congés et horaires décalés.
À retenir : un seul SST ne suffit pas si cette personne est en congé le jour de l'accident. Raisonnez toujours en présence effective : il faut un secouriste disponible sur chaque site et sur chaque plage horaire de travail.
Former des secouristes ne sert à rien s'ils n'ont pas de matériel sous la main. L'article R.4224-14 impose que chaque lieu de travail soit équipé d'un matériel de premiers secours adapté à la nature des risques et facilement accessible.
Point important : il n'existe pas de liste officielle du contenu de la trousse de secours. C'est à vous de la composer, après avis du médecin du travail, en fonction de vos risques réels. Une base courante pour une TPE/PME comprend :
L'emplacement de ce matériel doit être clairement signalé (article R.4224-23), à l'aide du panneau de secourisme normalisé (croix blanche sur fond vert). Ajoutez à proximité les numéros d'urgence : 15 (SAMU), 18 (pompiers) et 112 (numéro européen).
Bon à savoir : vérifiez la trousse régulièrement. Une dosette d'antiseptique périmée ou une trousse vide découverte le jour d'un contrôle — ou pire, d'un accident — vous met en défaut aussi sûrement qu'une absence de matériel.
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Réserver mon accès gratuit →La formation de sauveteur secouriste du travail est encadrée par l'INRS et le réseau Assurance maladie risques professionnels. Elle se déroule auprès d'un organisme habilité.
Le SST étant aussi un acteur de la prévention, sa formation contribue directement à votre démarche globale. Pour situer cette obligation parmi les autres, consultez notre panorama des formations obligatoires en entreprise et notre guide sur les exercices de sécurité incendie.
L'article R.4224-16 précise que les mesures d'organisation des secours doivent être consignées dans un document tenu à disposition de l'inspection du travail. Ce protocole écrit, souvent oublié dans les TPE, est pourtant simple à établir.
Il précise notamment :
Ce document se construit après avis du médecin du travail et s'affiche idéalement près de la trousse de secours et des postes de travail. Il complète les autres consignes de sécurité de l'entreprise, aux côtés des documents que l'inspecteur du travail peut demander.
| Obligation | Qui / Quoi | Fréquence | Référence |
|---|---|---|---|
| Organiser les premiers secours | Employeur, avis médecin du travail | Permanent | R.4224-16 |
| Salarié formé au secourisme | 1 SST (ateliers dangereux, chantiers 20+ / 15 j) | Présence continue | R.4224-15 |
| Nombre de SST recommandé | ~1 pour 10 à 15 salariés | À réévaluer selon effectif | Recommandation |
| Matériel de premiers secours | Trousse adaptée aux risques | Vérification régulière | R.4224-14 |
| Signalisation du matériel | Panneau secourisme normalisé | Permanent | R.4224-23 |
| Recyclage SST (MAC) | Formation ~7 h | Tous les 24 mois | INRS |
| Protocole de secours écrit | Document à disposition inspection | Mis à jour | R.4224-16 |
Négliger le secourisme n'est pas qu'un oubli administratif. Les conséquences sont concrètes :
À retenir : un dispositif de secours complet coûte quelques centaines d'euros et deux jours de formation. À comparer au coût d'un accident mal pris en charge, la question ne se pose plus.
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Être en règle sur le secourisme au travail ne tient pas à une expertise médicale, mais à trois réflexes simples : former assez de sauveteurs secouristes du travail, garder une trousse de secours accessible et bien signalée, et formaliser un protocole écrit. Le vrai risque, ce n'est pas la complexité — c'est de laisser une certification expirer ou une trousse se vider sans s'en rendre compte. C'est exactement ce que monHSE vous aide à suivre, pour que la sécurité de vos équipes devienne un automatisme.
Sources : Code du travail (articles R.4224-14, R.4224-15, R.4224-16, R.4224-23) — INRS.
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